Mutualisation des flux de livraison : quand les distributeurs reprennent le pouvoir
Pourquoi la mutualisation pilotée par la data s’impose
Contexte et enjeux
Après des années où la mutualisation des flux de livraison était orchestrée par les transporteurs, le pilotage de cette organisation logistique migre désormais vers les enseignes elles-mêmes. Cette transformation est motivée par la recherche de compétitivité, la pression sur les coûts du dernier kilomètre et des exigences environnementales accrues. Grâce à la digitalisation, aux plateformes collaboratives et à la puissance de la data, les distributeurs orchestrent la massification des flux pour leurs réseaux et, parfois, au profit d’autres marques.
Chiffres clés
- Le dernier kilomètre représente jusqu’à 50 % du coût logistique total (Woop).
Orchestration data-driven : vers une plateforme logistique unifiée
La digitalisation des opérations (DMS de nouvelle génération, plateformes SaaS, algorithmes d’optimisation) donne désormais aux enseignes une visibilité complète sur leurs flux logistiques. Comme le précise Justine Soulet de Brugière, Head of Product chez Woop « Nous avons mis au point un Data Model permettant de classifier automatiquement toutes les livraisons selon des critères logistiques et géographiques afin d’identifier les opportunités de mutualisation intra et inter-enseignes. Une fois que le plan de mutualisation est validé, nous orientons nos clients vers les flottes ou transporteurs les plus adéquats. »
Désormais, les enseignes classent et segmentent automatiquement les expéditions, détectent les opportunités intra ou inter-marques et ajustent les plans selon la réalité du terrain. Une fois le plan validé, la flotte adéquate est sélectionnée, la livraison planifiée, le retour facilité – tout au sein d’une interface unique. L’enjeu, comme ajoute Justine Soulet de Brugière, est de “piloter en temps réel les tournées et de s’assurer qu’elles vont jusqu’au client final, tout en créant de nouvelles synergies logistiques.”
L’avis de l’experte
« En devenant acteurs de cette mutualisation, c’est-à-dire en agrégeant leurs expéditions, les chargeurs ont plus de poids dans les négociations avec les transporteurs et peuvent obtenir des tarifs plus bas. C’est en quelque sorte une logique d’achat groupé ! » Elle insiste cependant : « La tâche n’est pas simple pour autant. Parmi les défis majeurs, il y a notamment l’identification des flux mutualisables, le bon sourcing des partenaires et, surtout, le déploiement d’une technologie de pointe pour orchestrer toutes ces opérations. »
Justine Soulet de Brugière, Head of Product chez Woop
Cas concret
Woop : la smart mutualisation mise en pratique
Woop accompagne les industriels et distributeurs pour passer d’une mutualisation opportuniste à une orchestration structurée et prédictive. Son Data Model propriétaire identifie chaque segment de flux partageable, propose une segmentation intelligente des tournées et recommande des groupements adaptés selon la réalité opérationnelle. Le module Route Planner digitalise les schémas de “pickup and delivery”, optimise le taux d’occupation et la pertinence des tournées en temps réel.
L’accompagnement de Woop s’étend de l’audit de la data jusqu’au choix du partenaire ou jusqu’à la monétisation d’une capacité excédentaire d’un distributeur. Exemple : un distributeur national, après 12 mois d’accompagnement, a réduit de 22 % ses kilomètres parcourus et divisé par deux les taux de retours non aboutis, démontrant le potentiel d’une approche structurée, pilotée par les données.
Les bénéfices : économies, expérience et service augmenté
Les bénéfices vont bien au-delà du coût au colis. En pilotant la mutualisation, une enseigne peut remplir davantage ses camions, réduire son impact écologique et améliorer l’expérience client, grâce à un suivi temps réel et une gestion fluide des retours. Pour Justine Soulet de Brugière, « Plus on mutualise les flux, plus on remplit les camions et donc plus on réduit les émissions de CO₂ par tonne transportée. Indirectement, on observe aussi une amélioration de l’expérience client, surtout lorsque les livraisons sont opérées par des flottes internes… La marque maîtrise alors toute la chaîne logistique et fournit un suivi temps réel au client final. Elle peut même proposer un service de retour gratuit en mutualisant collectes et livraisons au sein des mêmes tournées ! »
La capacité sous-utilisée devient ainsi une ressource monétisable, mutualisable avec d’autres membres du réseau. La logistique des enseignes se transforme alors d’un poste de coûts en actif rentable, tout en servant la satisfaction client et la planète.
Défis humains et technologiques à relever
Si la technologie accélère la bascule, la réussite passe par la construction de la confiance et la transparence entre tous les maillons. Il faut garantir l’équité et la sécurité dans la gestion de la donnée, comme le rappelle Justine Soulet de Brugière : « Il faut accepter de collaborer avec ses pairs, de partager des ressources, et de s’équiper des bonnes technologies pour orchestrer cette complexité. » L’harmonisation des outils et processus permet de rendre chaque schéma mutualisé aussi performant qu’une organisation classique.
Justine Soulet de Brugière synthétise l’esprit de cette innovation collective :
« Gérer la mutualisation, ce n’est pas simplement optimiser un planning : c’est construire des synergies pour répondre à la montée des exigences en matière de délai, de satisfaction client, de réduction des kilomètres à vide et d’impact environnemental. On passe d’une logique de ‘chacun pour soi’ à une supply chain pilotée collectivement. »
Perspectives 2026 : vers une mutualisation trans-sectorielle
Les prochaines étapes du mouvement sont déjà perceptibles : mutualisation inter-filières (retail, B2B, industrie) ; essor de “places de marché logistiques” ouvertes qui relient donneurs d’ordre, transporteurs et territoires ; expansion de la mutualisation urbaine, portée par des écosystèmes collaboratifs publics et privés. Livraison, collecte, retour : la mutualisation devient gage de simplicité pour les clients et de performance environnementale.
Comme ajoute Justine Soulet de Brugière, « La technologie décuple déjà la capacité à collaborer et à innover en logistique. Les alliances vont se tisser au-delà du secteur, collectivement, pour répondre aux exigences accrues de performance, d’agilité et de responsabilité qu’imposent marché et société. »
En 2026, la livraison collaborative pilotée par les enseignes va s’imposer comme un marqueur de performance, d’ancrage territorial et d’engagement responsable – dépassant largement le simple levier de réduction des coûts.
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